Routage expert : utilisation de eSail4VR
(Pour les joueurs qui veulent aller plus loin dans la compréhension de ce sujet)
Vous avez décidé d’utiliser eSail4VR et de payer 5€ par mois pour bénéficier de l’interface avec le jeu Virtual Regatta, alors voici quelques conseils d’utilisation.
Au départ…
La position de votre bateau est directement reportée dans l’outil de routage comme vous vous connectez avec l’identifiant et le mot de passe identique à celui de Virtual Regatta.
Avant le départ ou durant la course, votre point de départ reste votre bateau et vous devez
Dans sa version payante, l’application eSail4VR intègre le modèle GFS complet, c’est à dire des prévisions à 16 jours (cf tuto sur la météo).
Vous pouvez donc estimer une route en tenant compte de la météo à 16 jours…
Si la cible que vous posez n’est pas atteignable dans ce délai compte tenu du vent par exemple, alors vous aurez un message indiquant que le routage est partiel.
Utilisation première :
Tous les skippers professionnels sont équipés d’un logiciel très sophistiqué de routage nommé Adrena. Un outil qui permet de comparer plusieurs routes possibles et de faire ainsi les meilleurs choix ou de jouer des options, pour se démarquer durant les courses.
Certaines courses interdisent de mettre à jour les fichiers météo après le départ. C’est le cas de la Solitaire du Figaro, ce qui a valu à au premier « bizuth », Benoit Tuduri, cette année, d’être disqualifié et exclu pour avoir triché en téléchargeant durant la course une mise à jour…
Le premier paramétrage que vous pouvez faire est de cibler comme objectif votre cible d’arrivée définitive.
Vous obtenez ainsi une route complète ou partielle selon la distance et la météo.
Dans cet exemple, le parcours impose de passer par une bouée avant de faire route vers la Martinique. Je pose donc une cible sur cette bouée pour calculer une route directe.

Cela peut-être un mode de fonctionnement que vous maintenez tout au long de la course en rafraîchissant régulièrement votre route lors des mises à jour de la météo (toutes les 6 heures).
Exemple : Calcul d’une route sur la même destination après mise à jour de la météo

Utilisation plus précise :
Nous savons que les données météo ne sont pas très fiables au delà de la moitié de la durée de la prévision, c’est à dire pour le modèle GFS utilisé dans Virtual Regatta, au delà de 8 jours.
Du coup, il peut être intéressant de limiter vos analyses à une étape intermédiaire.
Une première méthode : route optimale à court terme
Lors du calcul du routage, vous voyez apparaître les tracés des isochrones. La précision des isochrones dépend des réglages que vous faites (à 5, 10, 15 ou 30 minutes pour les 2 premières heures par exemple).
Vous remarquerez, durant le calcul de la route qu’elle peut être sensiblement modifiée du fait d’obstacles rencontrés beaucoup plus loin dans le temps. Du coup, la route calculée dans les premières heures n’est pas la route optimale car elle tient compte d’éventuelles perturbations (zone sans vent ou surventée) qui interviendront bien plus tard, ou pas…
Puis que ces perturbations sont incertaines au delà de 8 jours, faut-il les prendre en compte dés à présent ?
Vous pouvez avancer dans le temps (timeline) pour vérifier ce qu’il se passe et juger par vous même d’une possible évolution
Du coup, si vous estimez que cette prévision peut évoluer, voici notre première méthode : en déplaçant le point de focus (cible) sur les lignes isochrones, vous voyez apparaître la route calculée pour la destination que vous ciblez.
Par ailleurs, vous pouvez identifier sur ces courbes isochrones, des points (bleus) qui indiquent quelle aurait été la route optimale avant les modifications liées aux projections futures.
Illustration : déplacement de la cible sur les isochrones pour vérifier la route calculée

Alors tout simplement, vous pouvez sur un période assez proche (quelques heures ou jours selon les cas, mais assez proche tout de même), choisir de positionner une cible sur ou à proximité de l’un de ces points pour rester sur la route optimale le plus longtemps possible. Une fois la cible posée, vous recalculez la route et envoyez la programmation au jeu.
Vous pourrez, lors de la mise à jour suivante de la météo, réitérer la méthode, ou sinon revenir à une route qui intègre une perturbation qui se confirme en s’en rapprochant.
Exemple : je pose une cible sur l’un des points de route optimale à plus court terme (cible PC Course)
La route est calculée à plusieurs jours, il sera donc possible d’infléchir sur celle-ci en fonction de l’évolution de la prévision.

Une seconde méthode : les options plus radicales
Plus utilisée par les skippers, le principe de cette méthode consiste en une lecture plus globale des prévisions météo. Le routage automatique du logiciel reste assez contraint par le cap de la cible, puis par les évolutions météo.
Vous pouvez toutefois identifier des zones de vent beaucoup plus intéressantes, surtout si la route automatique traverse des zones de calme importantes (la dorsale : zone limitrophe à la frontière des fronts froids et chauds).
Dans ce circonstances, vous pouvez cibler une zone qui semble plus éloignée de la route directe et oblige le logiciel à recalculer une option.
La méthode consiste à poser plusieurs cibles (au moins deux) dont une correspond à la route automatique, et, en vous déplaçant dans le temps (timeline en bas d’interface), vous vérifiez les vitesse d’avancement de votre bateau et pouvez comparer les positions intermédiaires ou finales.
Sur le même exemple, je constate que les courbes isochrones sont plus espacées à l’este de la route « directe » vers la bouée. Je pose donc une cible « Test option Est » et je lance le calcul vers cette cible.
En avançant de quelques jours, je constate une différence assez importante de progression : mon bateau sur la route Est a beaucoup d’avance sur le bateau sur la route « directe ».

Du coup, cela pourrait confirmer que ma route est meilleure. Mais…
Mais en avançant encore dans le temps, les positions se rapprochant en latitude, sauf que mon bateau sur la route Est est beaucoup plus éloignée de la cible. Il a donc peu de chance d’y parvenir avant.
Alors que faire ? Faut-il abandonner l’option Est ?
Par forcément… il faut vérifier d’abord quelles sont les causes du ralentissement du bateau sur cette route.
En l’occurrence une zone déventée et surtout avec un vent contraire marqué sur l’Est (barbules noires) et non sur la route initiale.

Alors il est toujours possible de chercher un compromis. En l’occurence, le test suivant montre que cela ne fonctionne pas. Faut-il continuer dans ce sens ? A vous de prendre la décision, cela reste de la responsabilité du skipper.














