Journal de bord

Retrouvez ici toutes les grandes étapes de la course de Sébastien Simon sur le Vendée Globe 2023/2024 !

Arrivée de Sébastien Simon
en 3ème position


Le 17 janvier 2025 à 1h27
En 67 jours, 12 heures, 25 minutes et 37 secondes

9ème semaine de course


Sébastien entame ce qui devrait être sa dernière semaine de course sur le Vendée Globe, et nous avons hâte de l’accueillir aux Sables d’Olonne, à la maison !

La semaine dernière a commencé en fanfare pour l’IMOCA Groupe Dubreuil, avec une performance remarquable : 499,92 milles nautiques parcourus en 24 heures, soit 825,85 km.

Dans la nuit de lundi à mardi, Sébastien a franchi une étape symbolique : le passage de l’Équateur. Après 57 jours, 18 heures, 6 minutes et 19 secondes en mer, il a retrouvé l’hémisphère Nord. Ce moment clé s’est déroulé dans des conditions relativement favorables, avec un Pot-au-Noir calme, dépourvu de nuages d’orage menaçants, et suffisamment de vent pour rester dans le bon timing.
Une fois sorti du Pot-au-Noir, un gros nuage lié aux alizés a temporairement ralenti l’IMOCA, mais cela n’a pas affecté l’avance de Sébastien sur ses poursuivants. Notre skipper a conservé une position confortable, à environ 600 milles des leaders et 1 400 milles des poursuivants. Cependant, cette solitude au milieu de l’océan peut sembler étrange, car il évolue désormais loin de tout groupe de concurrents.

L’objectif suivant était crucial : attraper la première dépression pour contourner l’anticyclone des Açores positionné au niveau du Cap-Vert. Mission accomplie, puisque Sébastien a franchi la dorsale sans s’arrêter, maintenant ainsi son cap et son rythme. Toutefois, la nuit a été éprouvante : il a dû rester éveillé pour gérer un vent très changeant.

En fin de semaine, l’IMOCA a bénéficié d’un vent soutenu de 25 à 30 nœuds en rafales, accompagné d’une houle de 3,5 mètres. Mais à l’approche des Açores, les conditions se sont apaisées, avec un vent plus modéré qui a offert à Sébastien un précieux moment de répit avant l’ultime ligne droite.

La fin de la course approche à grands pas et nous sommes impatients d'accueillir Sébastien aux Sables d'Olonne pour célébrer son arrivée et féliciter sa performance !

L’E.T.A (Estimated Time of Arrival) est pour l'instant donné pour la nuit du 16 au 17 janvier. 
Cependant, prédire une heure d'arrivée précise reste un défi en course au large, car de nombreux facteurs vont influer sur cette donnée : les conditions météo changeantes, l’écart entre les fichiers et la réalité, les courants marins, les contraintes techniques...

Et celui qui est le mieux armé pour analyser toutes ces données reste le skipper ! Aux dernières nouvelles, Sébastien prévoit une arrivée entre le jeudi 16 janvier dans la soirée et le vendredi 17 au petit matin.

Le compte à rebours est lancé !

8ème semaine de course


Tout d’abord, Sébastien et le Groupe Dubreuil Sailing Team vous souhaitent une bonne année 2025 !

Cette dernière semaine a été marquée par une remontée de l’Atlantique Sud, avec son lot de difficultés. En début de semaine, Seb a rencontré l’anticyclone de Sainte-Hélène un peu plus tôt que prévu. Mais il n’a pas relâché ses efforts et a réussi à grappiller chaque mille possible sur le groupe de tête.

Cette période plus calme lui a permis de sortir la tête du cockpit et de se reposer, après plusieurs jours intenses. Chaque moment de récupération est précieux pour aborder la dernière ligne droite vers la maison.
Il est aussi important de profiter de ces instants pour réaliser un check-up global de l’IMOCA, s’assurer que tout est en ordre et effectuer de petites réparations nécessaires afin de terminer le Vendée Globe dans les meilleures conditions possibles.

Les conditions de navigation ont beaucoup changé à bord de l’IMOCA Groupe Dubreuil. Les températures sont plus douces, et même agréables, ce qui a permis à Seb de prendre une douche, la première depuis un mois. Dans le froid glacial des mers du Sud, la motivation pour se laver était nettement moins présente.

Pour le réveillon, Seb était seul en mer, mais entouré par la pensée de ses proches, son équipe, par bon nombre d’entre vous et par quelques attentions, notamment des messages de personnalités comme Oli (Bigflo et Oli) et Patrick Bruel. Même s’il ne se considère pas comme un fan inconditionnel, ces gestes lui rappellent que son aventure est suivie par beaucoup de personnes, ce qui apporte un vrai soutien moral.

Après ces moments de fête, la molle est revenue. Bien qu’il ait réussi à réduire l’écart avec les deux leaders, Seb sait qu’ils ne jouent plus la même course et qu’ils sortiront de cette zone sans vent bien avant lui. Il reste cependant concentré sur l’essentiel : maintenir les poursuivants à distance. Les routages indiquent beaucoup de tribord amure, mais mieux vaut conserver l’écart actuel pour éviter les mauvaises surprises.

Seb a profité de ces conditions calmes pour monter au mât le 1er janvier. Il a tenté de remplacer des capteurs de vent défectueux et de récupérer une émission/réception AIS, le système qui permet de repérer les bateaux en mer. Une opération utile, puisqu’il a croisé un cargo au large des côtes brésiliennes quelques jours plus tard.

La bonne nouvelle, c’est que l’IMOCA Groupe Dubreuil progresse désormais en tribord amure, faisant enfin route vers le nord pour s’extraire de l’anticyclone de Sainte-Hélène. Après trois jours où les moyennes de progression dépassaient difficilement les 200 milles nautiques par jour, reprendre un peu de vitesse est un soulagement pour notre skipper.

Selon les routages et les fichiers météo, basés sur les fichiers ECMWF (Européen) et GFS (Américain), la prochaine date clé est le 7 janvier. À cette date, l’IMOCA Groupe Dubreuil devrait franchir l’Équateur et le Pot-au-Noir, actuellement peu actif. Mais il reste un risque : que cette zone remonte avec le bateau et bloque la progression de Seb.

Alors, on croise les doigts pour que tout se passe au mieux !

7ème semaine de course


Cette 7ème semaine a été festive, à terre comme en mer !

Cependant, le début de semaine n’a pas été simple pour Seb : le décalage horaire perturbait son rythme et le froid mordant et les conditions de navigation difficiles s’ajoutaient à sa fatigue. Tout cela cumulé a entraîné une dette de sommeil importante, et notre skipper avait vraiment besoin de repos pour aborder sereinement la remontée de l'Atlantique.

L’IMOCA Groupe Dubreuil, quant à lui, a été extrêmement sollicité dans les mers du Sud, et la liste des petits travaux s’allongeait au fur et à mesure. Il a fallu redoubler de vigilance pour ne pas se laisser dépasser par les pannes.

Mais quel magnifique cadeau et quelle récompense que de passer le cap Horn le 25 décembre à 09h09 TU. Après 44 jours, 21 heures, 19 minutes et 38 secondes, l’IMOCA Groupe Dubreuil est passé à 60 milles au large des terres, sous 40 nœuds de vent et dans une mer formée. L’océan Pacifique n’a offert aucun répit jusqu’à la fin !

C’était aussi l’occasion pour Sébastien de fêter Noël à bord de son bateau, une première pour lui.
Il racontait qu’il avait toujours vu ces marins coiffés de leurs bonnets de Noël, et qu’il faisait maintenant partie de cette tradition. 

Le début de la remontée de l’Atlantique n’a cependant pas été de tout repos. L’IMOCA Groupe Dubreuil a passé les îles Falkland dans une mer très agitée et un brouillard à couper au couteau, avant de se retrouver dans une zone de transition avec du vent au portant.
Puis, mauvaise surprise au réveil pour Seb : le vent qu’il espérait tant s’est finalement révélé être un vent d’ouest, l’obligeant à empanner pour se mettre en bâbord amure et, par conséquent, à ralentir la cadence.
Mais c’était sans compter sur le travail acharné de notre skipper, qui a réussi à attraper le vent de sud et à réaliser les meilleures moyennes de la flotte, parcourant par plusieurs fois successives plus grande distance sur 24 heures, et notamment 522,86 milles nautiques, soit 968,34 km entre les 28/12 et 29/12. 

Désormais, Seb négocie le passage de l’anticyclone de Sainte-Hélène, dans une zone de petit temps qui devrait durer environ deux jours. Même s’il préfère quand le bateau avance vite, c’est l’occasion de sortir la tête du cockpit, de souffler un peu et de profiter de la douceur de l’Atlantique Sud.

Selon les prévisions, Seb pourrait franchir le Pot-au-Noir aux environs du 7 janvier, laissant envisager un tour du monde en 68 jours.
 

6ème semaine de course


La dernière a débuté par le passage de l’antiméridien pour l’IMOCA Groupe Dubreuil. L'antiméridien est le méridien situé à l'exact opposé du méridien de Greenwich (0° de longitude) sur le globe terrestre. En d'autres termes, si chez nous il est midi, il est minuit chez Sébastien. Ce passage symbolique représente un moment clé : il ne fait désormais officiellement plus que se rapprocher de la maison, Les Sables d'Olonne !

Tout au long de la semaine, Sébastien a dû affronter des conditions de navigation difficiles. Lors du passage de Campbell Island, la mer était particulièrement agitée, probablement en raison du relief sous-marin : la profondeur passait brutalement de 4 000 m à seulement 200 m. Ces variations créent des conditions instables et compliquées à gérer, notamment lors d’une nuit où le bateau était presque incontrôlable, dans la mer chaotique et le vent rafaleux.

Malgré ces défis, notre skipper a réalisé un exploit remarquable en milieu de semaine : il a réussi à rattraper 130 milles sur le groupe de tête, avant de prendre la tête du classement pendant quelques heures ! Mais avec son handicap – un foil manquant –, Seb a dû céder sa première place à Charlie Dalin, puis à Yoann Richomme.

Engagé sur un très long bord bâbord, il s’est employé pour optimiser sa vitesse compte tenu de sa configuration dégradée. Des efforts qui payent car il est parvenu à maintenir un écart raisonnable avec le duo de tête au passage du point Nemo. Pour rappel, le Point Nemo, situé à 134° ouest, n’est pas une marque de parcours mais un passage symbolique. C’est le point le plus éloigné de toute terre, avec la terre habitée la plus proche située à environ 2 688 kilomètres. À titre de comparaison, la Station spatiale internationale (ISS) orbite à seulement 420 km de la Terre !

Sébastien a désormais réalisé près des deux tiers du parcours !

Les machines ont été fortement sollicités depuis des semaines, d’abord dans un océan Indien particulièrement rude puis un Pacifique pas si pacifique. La liste des travaux de réparation et maintenance s’allonge et il est essentiel de redoubler de vigilance pour ne pas se laisser déborder par les pannes. De plus, sans son foil tribord Seb doit rester constamment en alerte afin de tirer le meilleur parti de son bateau. Il évolue actuellement dans un vent établi à 33 nœuds, qui pourrait monter jusqu’à 40 nœuds lors du passage du front dans les prochaines heures. Une fois ce front dépassé, Seb va empanner pour se décaler au sud pendant une dizaine d’heures, puis repasser en bâbord amure pour passer le cap Horn le matin du 25 décembre.

Sébastien a accumulé une dette de sommeil, mais au cours des dernières 24 heures, il a réussi à caler quelques siestes réparatrices. Il va devoir tenir bon jusqu’au cap Horn, car la remontée de l’Atlantique pourrait rebattre les cartes. Il faudra être en pleine forme pour cette nouvelle phase de course !

Notre champion ne lâche rien ! Même s’il n’est pas simple de voir les deux premiers s’échapper, Seb parvient à maintenir ses poursuivants à distance, avec une avance significative d’environ 900 milles.

Cap sur le cap Horn !
 

5ème semaine de course


Déjà la 5ᵉ semaine de course, que le temps passe vite !

Ce vendredi 13 décembre, Sébastien et l’IMOCA Groupe Dubreuil ont franchi le South East Cape en Tasmanie, marquant la moitié du parcours du Vendée Globe. Avec plus de 11 000 milles parcourus en 33 jours, ils entrent désormais dans le tant attendu Océan Pacifique !

Cette dernière semaine a été riche en apprentissages pour Sébastien, qui plaisante même sur l’idée de se faire tatouer le mot “résilience” tant il doit composer avec. La perte de son foil tribord l’a contraint à revoir totalement sa manière de naviguer, en adaptant le matossage, l’utilisation des ballasts et l’angle de la quille. Lors du passage du Cap Leeuwin, l’IMOCA était incliné à 20°, obligeant Sébastien à rester vigilant pour maintenir cet équilibre inhabituel.

Pourtant, cette perte de foil s’est moins faite ressentir cette semaine en raison de conditions éprouvantes : une mer chaotique où les foilers n’ont pas pu exploiter pleinement leur potentiel. Cette configuration, bien que limitant les écarts, demande à Sébastien un effort considérable, rendant le repos difficile après ces semaines d’effort intense.
Malgré cela, ce n’est pas le moment de baisser les bras !

Sébastien a su saisir une opportunité : un anticyclone a rattrapé ses concurrents par l’arrière, tandis qu’il conservait un rythme élevé. Résultat : il a creusé un peu l’écart sur le groupe mené par Thomas Ruyant et s’accroche au peloton de tête, composé de Charlie Dalin et Yoann Richomme.

En fin de semaine, Sébastien navigue au sud de la Tasmanie, dans une mer plus calme avec une houle plus longue. Bien que le ciel reste très nuageux, le temps s’est apaisé, permettant enfin de sortir du cockpit pour respirer un peu d’air frais. Ce moment ressemble à un répit bien mérité, même si, dans ces latitudes sud, les conditions demeurent imprévisibles.

Désormais en 3ᵉ position, l’IMOCA continue sa trajectoire en tribord amure pour les 2 000 prochains milles, soit la moitié du Pacifique. Et bonne nouvelle : il peut enfin exploiter pleinement son foil bâbord !

Selon les prévisions, Seb pourrait franchir le Cap Horn aux alentours du 26 décembre. Un magnifique cadeau de Noël en perspective !

4ème semaine de course


Cela fait déjà un mois que Sébastien et son IMOCA Groupe Dubreuil se sont lancés dans ce tour du monde, le Vendée Globe. À l’issue de cette quatrième semaine, notre skipper s’apprête à quitter l’océan Indien, qui ne lui aura pas fait de cadeaux

En consultant les fichiers météo la semaine dernière, Sébastien a observé la formation de deux importantes dépressions à l’ouest, dont une première qui allait le rattraper et balayer toute la zone des îles Kerguelen, un archipel qui fait partie des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF).

Deux options s’offraient alors à lui : bifurquer vers le nord pour contourner la dépression, comme l’ont fait Thomas Ruyant et Yoann Richomme, ou choisir de poursuivre une route plus au sud, plus proche de la trajectoire directe. C’est cette dernière option qu’a choisie notre champion positionné à la 2ᵉ place, un choix audacieux mais risqué, qui l’a exposé à des conditions particulièrement extrêmes.

C’est à la mi-journée, mercredi, que Sébastien a entamé sa navigation dans des conditions très difficiles, avec des vents atteignant les 40 nœuds et des vagues culminant à 8 mètres. Cette navigation intense a duré jusqu’à samedi, ponctuée par des zones de calme. Soucieux de préserver son bateau, Sébastien a réduit sa vitesse et s’est retrouvé dans l’œil de la dépression.

Grâce à son endurance et à son courage, notre skipper a réussi à sortir de cette dépression sans encombre tout en conservant sa 2ᵉ place. Il a même creusé l’écart avec Yoann Richomme (Arkea Paprec) et Thomas Ruyant (Vulnérable), augmentant son avance d’environ 300 milles. Sébastien a ensuite entamé une série d’empannages le long de la zone des glaces pour se diriger vers l’Australie.

Mais à 17h TU ce samedi 7 décembre, alors qu’il naviguait dans le sud de l’océan Indien, Sébastien a informé l’équipe que son foil tribord venait de se casser. Sorti de son sommeil, il s’est d’abord affairé à choquer ses voiles pour redresser son bateau et a senti que ce dernier ne répondait plus de la même manière. Il a très vite compris qu’il s’agissait du foil, et il s’est avéré que celui-ci était brisé au niveau du coude, la partie courbée entre le shaft et le tip.

L’IMOCA Groupe Dubreuil n’a pas subi de dommages collatéraux et notre skipper poursuit sa course avec une détermination totale, comme en témoignent ses dernières heures de navigation sans foil tribord, avec de belles vitesses moyennes (16-18 nœuds) dans les conditions actuelles (20-25 nœuds de nord-ouest et 4 mètres de houle d’ouest).

3ème semaine de course


Cette troisième semaine de course a été riche en événements marquants.

Le premier temps fort a été la traversée de l’Atlantique Sud à une vitesse fulgurante. Bien positionné à l’avant de la flotte, au cœur d’un peloton comptant alors encore une dizaine de concurrents, Sébastien s’employait à maintenir un rythme soutenu pour accrocher ce système dépressionnaire qui allait lui ouvrir une immense ligne droite jusqu’en Afrique du Sud. Et le pari a été brillamment réussi : avec des pointes de vitesse atteignant les 30 nœuds (environ 55 km/h), la navigation s’est révélée particulièrement éprouvante, entre vent soutenu et mer agitée.

Entre le mardi 27 novembre à 15h00 et le mercredi à la même heure (heure française), Seb a réalisé un exploit exceptionnel : un record du monde avec 615,33 milles nautiques parcourus (soit 1 139,6 kilomètres) à une vitesse moyenne impressionnante de 25,64 nœuds sur 24 heures. Et il ne s’est pas contenté de battre ce record une seule fois, mais à six reprises, surpassant sa propre marque au fur et à mesure.

Ce record du monde a apporté une immense satisfaction à Sébastien, bien que cela ne constitue pas son objectif principal. La priorité reste de terminer le Vendée Globe, avec comme première étape clé le passage du mythique cap de Bonne-Espérance, qu’il a franchi le 29 novembre après 19 jours, 6 heures, 40 minutes et 10 secondes en mer à la 3ème place.

Avec ce passage emblématique, l’IMOCA Groupe Dubreuil navigue désormais dans l’océan Indien, bien installé dans le peloton de tête, et au coude à coude avec Charlie Dalin (Macif), Yoann Richomme (Paprec-Arkea) et Thomas Ruyant (Vulnérable). Les températures ont drastiquement chuté. Un contraste saisissant avec les 39°C mesurés dans le cockpit en Atlantique Sud. Le cockpit est désormais entièrement fermé, et notre skipper a même allumé le chauffage pour bénéficier d’un peu d’air sec et chaud.

Selon les prévisions, une traversée express de l’océan Indien en environ neuf jours est attendue. Cette partie est déjà bien entamée, bien que Seb n’ait pas encore eu le loisir de profiter du paysage. Entre la gestion du bateau et son entretien, son attention est restée focalisée sur la régate. D’abord très agitée, probablement dû aux courants issus de l’Atlantique, la mer s’est désormais rangée, permettant à l’IMOCA de réaliser de longs surfs au portant, parfois ponctués de plantés dans les vagues.

Les nuits, elles, sont particulièrement courtes dans cette région : la nuit tombe aux alentours de 23h30 TU, et le soleil se lève dès 3h00 TU. Cette alternance rapide complique l’adaptation physiologique, notamment le sommeil car il reste toujours plus facile de se reposer dans l’obscurité.

Malgré le rythme soutenu imposé par les concurrents, Seb continue de tenir bon et ne lâche rien. Il pointe à la 2ème place, dans le sillage de Charlie Dalin au classement de 7h ce lundi 02 décembre.

2ème semaine de course

Cette deuxième semaine de course a été marquée par le passage redouté du Pot-au-Noir.

Bien positionné dans le groupe des leaders, Sébastien a finement travaillé sa trajectoire pour traverser au mieux cette zone de convergence intertropicale. Ce passage est souvent piégeux, car c’est là où les systèmes météorologiques des deux hémisphères se rencontrent, notamment les alizés. Les vents de l’hémisphère nord croisent ceux de l’hémisphère sud, qui soufflent en sens inverse, générant des conditions météorologiques imprévisibles. Les skippers peuvent ainsi passer de longues heures dans un calme plat sans vent, en pleine pétole, avant de faire face à des épisodes pluvieux intenses, ponctués de rafales de vent soudaines et changeantes.

Pour s’extirper de cette zone, Sébastien a maintenu une trajectoire sud tout en s’écartant légèrement vers l’ouest pour atteindre les 30°W, où un passage s’est ouvert. Mais les défis ne se sont pas limités à la navigation. À l’approche de l’équateur, l’humidité est devenue étouffante et la chaleur écrasante, atteignant jusqu’à 39,5 °C à bord de l’IMOCA Groupe Dubreuil. Ces conditions rendent la vie à bord particulièrement éprouvante, ajoutant une difficulté supplémentaire à cette étape déjà complexe.

La traversée du Pot-au-Noir n’aura finalement duré que 24 heures, et Sébastien a franchi l’équateur dans la nuit de jeudi à vendredi avec un temps de 11 jours, 11 heures, 25 minutes et 50 secondes.

Première étape de l’Atlantique Sud : le passage à proximité de l’île de Fernando de Noronha, située à 200 milles nautiques au large de la pointe du Brésil. Ce petit paradis lui a rappelé de bons souvenirs, puisqu’il y avait passé ses premières vacances avec sa fiancée il y a quatre ans. Apercevoir un bout de terre au milieu de l’immensité de l’océan lui a offert un moment de réconfort, brisant un instant le sentiment d’éloignement propre à ce tour du monde.

Désormais, l’IMOCA Groupe Dubreuil trace sa route vers le Cap de Bonne Espérance. Seb a accroché le premier wagon des dépressions, déterminé à rester aux avant-postes et s’engager dans l’Indien au contact des leaders. Les prévisions météorologiques sont encourageantes pour cette prochaine étape : ce premier groupe pourrait mettre 8 à 9 jours seulement pour rejoindre le Pacifique, dont deux journées musclées dans du vent fort d’une 40aine de nœuds.

1ère semaine de course

Près de 2000 milles pour une première semaine dans ce Vendée Globe !

Après un départ des plus légers, l’intensité de la course n’a fait que s’amplifier. Après deux jours nécessaires pour trouver son rythme, Sébastien se sent désormais en pleine forme.

Cette première semaine a été éprouvante, avec peu de répit pour notre skipper. L’anticyclone des Açores a mis les nerfs de la flotte à rude épreuve, obligeant chacun à faire des choix stratégiques. Deux grandes options se sont dessinées :

  • L’option sud, où Jean Le Cam s’est particulièrement démarqué ;
  • L’option ouest, suivie par la plupart des favoris, qui a nécessité une route nord-ouest pour capter un peu de vent.

Sébastien, quant à lui, a hésité avec l’option sud mais a finalement choisi de limiter les risques en gardant une trajectoire plus ouest, un peu en arrière des leaders. Cette position intermédiaire, il a décidé de l’assumer pleinement et de jouer sa position jusqu’au bout de cette zone de transition. Un choix payant, puisqu’il est resté dans le top 10 du classement tout au long de la semaine, grimpant même dans le top 3 ces deux derniers jours !

Selon Sébastien, la patience sera la clé pour la suite : l’anticyclone des Açores descend avec la flotte, ralentissant la progression avant l’arrivée tant attendue dans les alizés profonds. Mais il garde le moral et reste concentré, prêt à ajuster les voiles à tout moment.
Un bateau en bon état

L’IMOCA Groupe Dubreuil se porte bien, et peu d’avaries sont à signaler. Sébastien a profité des conditions clémentes pour effectuer quelques bricolages et anticiper des réparations. Il a notamment remplacé la downline du foil tribord. Également alerté par la barre anormalement dure, il est intervenu sans attendre et a démonté le vérin 1 du pilote automatique principal, identifié le problème et effectué les réglages nécessaires.

Sébastien est déterminé à rester au contact du peloton de tête. Il sait que chaque détail compte dans cette course d’endurance, et il est prêt à tout donner pour conserver sa position.